| Musclemaniaques
le jour!
Weekend
musclé à Stuttgart fin septembre 2002, avec la Musclemania
Europe et ses compétitions associées: Hit the Rock, Fitness
Europe Pageant et Miss Bikini Europe. Ces compétitions d'origine
californienne se distinguent nettement de tout ce que vous avez pu voir
ailleurs. Abandonnant toute idée de sport fédéral
(prétention de toute façon peu crédible ces jours-ci
avec la multiplication des "fédérations") Musclemania est
un pur produit télévisuel, et cette compétition dans
la capitale wurtembourgoise n'ayant pas fait exception, avec une diffusion
prévue sur la chaîne sportive allemande DSF.
Pour
les messieurs, cette orientation télévision implique que
la ligne, la symétrie, le posing, l'élégance, sont
privilégiés sur l'hypertrophie et l'hyperdéfinition.
Ce sont des athlètes sains, beaux à voir, susceptibles d'attirer
un large public. Au delà des contrôles antidopage prévus
pour les athlètes classés (pas plus infaillibles ici qu'ailleurs),
c'est l'action des juges qui assure ce respect d'un culturisme (plus) sain.
Nous n'avons jamais vu autant d'attention portée sur le premier
tour, les quatre faces, en termes de comparaisons, de temps y consacré,
et un classement sérieux valant 1/3 du total. Ensuite, les poses
imposées comptant pour un tiers, puis pour les finalistes un posing
libre comptant lui aussi pour un tiers, où la recherche esthétique
et le sens du spectacle sont encouragés.
Ces
compétitions ont eu lieu d'abord aux Etats Unis, où une dizaine
d'éditions régionales se déroulent maintenant chaque
année; elles connaissent également une forte croissance ailleurs,
notamment en Europe et en Asie. Jusqu'à cette année, cette
compétition à Stuttgart s'intitulait Musclemania Germany,
mais avec la multiplication des éditions dans divers pays européens,
il semblait normal de passer à l'échelon supérieur
et instaurer une compétition d'envergure continentale. C'est ainsi
que si cette Musclemania Europe a réuni environ 50% d'athlètes
allemands, ceux-ci étaient rejoints par des compétiteurs
de la Suisse, de l'Italie, de la Croatie, de la Belgique, du Luxembourg
(mais pas encore de la France…).
En
tout, ils était une cinquantaine d'athlètes venus de diverses
fédérations à se retrouver pour le plaisir de concourir
dans un cadre respectueux des athlètes et du public (excellente
installation scénique, éclairage, salle d'échauffement,
salle de repos avec lits de camp, fruits et boissons fournis, t-shirts
offerts…). Après une pesée bien organisée (fiches
individuelles à remplir, comprenant notamment des informations sur
les métiers, idoles, professions, passions, etc. des compétiteurs,
détails personnels qui allaient être annoncés lors
de la présentation de chaque athlète au public), ces Musclemaniaques
ont ouvert le jeu.
Ce
jour à Stuttgart, un seul junior était présent --
hélas, car c'est une catégorie pour laquelle les compétitions
Musclemania jouissent d'une excellente réputation, et dont les compétiteurs
bénéficient d'importants efforts de promotion de la part
des organisateurs. La prestation de Michele Amicone était néanmoins
exceptionnelle, tant par ses qualités d'athlète, très
équilibré, d'une belle ligne mais avec un volume musculaire
respectable, que par un posing qui a tellement plu au public que l'on lui
a demandé de le répéter en soirée. (Pour info,
il s'agissait d'une reconstitution de la fameuse pub Coca Light où
les dames du bureau guettent l'arrivée du livreur de Coca; en effet,
la durée du posing libre est longue, et l'emploi de tenues et d'accessoires
est possible, l'important dans cette partie de la compétition étant
le spectacle pour le public et les téléspectateurs.)
Les
vétérans ne sont peut-être pas la catégorie
la plus promue par les organisateurs. Ils n'étaient que six à
s'affronter, avec une victoire pour Wolfgang Sperling, suivi de près
de Luigi LaPica (comme tous les autres de la caté, un Allemand,
malgré son nom) que nous aurions bien vu premier (l'écart
de seulement 8 points entre ces athlètes montre que je n'étais
pas le seul à penser ainsi), et de Peter Butze.
La
catégorie premiers pas a réuni le plus grand nombre d'athlètes.
En plus du principe (ici comme ailleurs invérifiable) qui veut que
l'athlète premiers pas n'ait jamais concouru auparavant, Musclemania
impose un critère important: le rapport poids-taille ne peut être
supérieur à 1 (nombre de kilos de poids inférieur
au nombre de centimètres de taille moins 100). Ceci donne des physiques
nettement moins lourds que nous avons l'habitude de voir dans une grande
compétition, mais permet à de jeunes athlètes un accès
à une grande compétition internationale. Le vainqueur, Johannes
Taït, un jeune Autrichien, a impressionné par sa définition
hors pair. Derrière lui un athlète plus "conventionnel",
Sven Essich, et Darko Barisic, un bel athlète qui sera imbattable
avec un peu plus de volume.
En
open, les messieurs ont concouru en quatre catégories de poids.
La première, les –75kg, permettait une entrée en matière
passionnante, avec une victoire du Suisse Mario Villena, suivi d'un Allemand,
Michael Gallo, ainsi que d'un deuxième Suisse, Dave Mueller. Tous
les trois étaient d'excellent niveau, avec de très belles
lignes et des posings agréables à voir; ce sera la maturité
de Villena qui fera la différence.
En
toute compétition, les messieurs –85kg sont souvent les plus nombreux
et les plus équilibrés, et cette Musclemania n'a pas fait
exception. N'importe lequel des six finalistes ferait honneur à
n'importe quel podium. Ce jour la première marche était réservée
à un deuxième Suisse, Beat Schlegel, plus défini que
le superbe athlète qui termine deuxième, Murat Tombul, et
plus musclé que le troisième, Holger Kunath, qui nous a gratifié
d'un des plus beaux posings de la journée, avec rien de moins que
la reconstitution de la Création de l'univers, avec l'athlète
allemand dans le rôle de Dieu! Remarquons la quatrième place
de Filip DeBrauwer, plusieurs fois champion naturel belge.
Les
–95kg était la catégorie la moins allemande, avec seulement
deux athlètes, qui termineront deuxième (Daniel Ivkovic)
et troisième (Marco Wedekind) derrière encore un Suisse,
Wendy Wyss. C'était aussi la catégorie où les résultats
étaient les plus serrés: neuf points d'écart entre
le premier et le quatrième! En revanche, les +95kg étaient
exclusivement allemands (c'est une catégorie où l'on voit
souvent de gros gabarits allemands), et ont fourni celui qui allait remporter
les toutes catégories, à savoir Guido Backsmann, de loin
le plus grand et le plus lourd des athlètes présents ce jour
en Musclemania. Démonstration que Musclemania n'est pas contre le
muscle, mais prône une recherche d'équilibre et d'esthétique,
des qualités que Guido réunit malgré sa masse imposante.
Derrière ce nouveau champion, qui sera récompensé
par une place à la Musclemania World, des athlètes d'excellent
niveau: Markus Rohde et Fadi Issa.
Musclemaniaques
la nuit!
L'organisation
Musclemania n'oublie pas les femmes. Au contraire, il lui réserve
une part peut être majoritaire de ses diffusions télévisées,
et en fait le point fort des journées compétitives, prévoyant
les catégories féminines pour la soirée. Ici à
Stuttgart, les passages des femmes étaient entrecoupés d'une
compétition masculine, la "Hit the Rock", réservée
à des athlètes titrés de toute fédération,
ainsi que du vainqueur de la Musclemania plus tôt dans la journée.
Le vainqueur attendu était au rendez-vous: il s'agit du multichampion
Florian Maier, qui a écrasé sa néanmoins méritante
compétition. Les deux suivants, Andreas Bosse et le Cubain José
Chappotin, n'étaient séparés que par un point, et
même si Florian paraissait par sa condition, sa muscularité,
et son posing destiné à gagner, on aurait pu voir n'importe
lequel des trois premiers remporter la première place sans en être
choqué. Guido Backsmann, qualifié par sa victoire en toutes
catégories plus tôt dans la journée, a réussi
néanmoins à prendre la première place, poussant des
champions confirmés comme Tamer Galal et Ivan Pavan un rang de plus
vers le bas. Pour sa victoire, Florian Maier remporte ainsi un prix de
1000 dollars (le 2ème recevant 600 USD et le 3ème 300 USD)
.
Pour
ce qui est des femmes, coupant court à la régression progressive
du muscle féminin que nous voyons dans nos fédérations
françaises, avec multiplication de catégories où le
muscle est de plus en plus honni, l'organisation Musclemania a instauré
deux types de compétitions féminines, qui tous les deux s'éloignent
volontairement du culturisme. L'une, c'est la Fitness Pageant (ici Fitness
Europe Pageant), compétition divisée en trois tours. Au premier,
comptant pour 40% du total, une routine fitness, d'orientation gymnastique,
acrobatique, aérobic, danse, etc. Au deuxième, comptant lui
aussi pour 40%, une présentation en maillot, la tonicité
et la ligne étant privilégiée sur la muscularité.
Enfin, un entretien comptant pour 20%. Encore plus loin du culturisme,
la Miss Bikini, sorte de concours de beauté à orientation
sportive. Aucune routine de fitness ici, mais un tour en tenue de sport
(40%), un tour en bikini (40%), et un entretien en direct (20%).
Une
quinzaine d'athlètes féminines se sont retrouvées
pour ces deux compétitions. La Miss Bikini Europe était une
affaire purement allemande, avec la victoire allait avec toute logique
à une championne de la NABBA allemande, Andrea Santangelo, qui demeure
un exemple de la femme tonique et belle. Nous regrettons que cette compétition
exclue des routines fitness ou des posings culturistes, car Andrea est
une athlète de tout premier niveau, et l'on peut se demander si
brider les possibilités pour des athlètes comme ça
pour en faire de simples mannequins, certes sportives, soit un choix pertinent.
Derrière Andrea, Susie Schirm, une (très) grande blonde,
moins musclée qu'Andrea. C'est la dynamique Angela Gutierez qui
prendra la troisième place du podium, grâce en grande partie
à son punch et vivacité.
A la
compétition Fitness Europe Pageant, les compétitrices étaient
plus mixtes quant à leur nationalité, avec des athlètes
de la Lithuanie, la Pologne, la Suisse et les Pays Bas, en plus des Allemandes
attendues. C'est encore une Suisse (quatre des vainqueurs des diverses
compétitions de la journée seront suisses!) qui le remporte,
à savoir Karin Marty. Karin est un exemple de l'allure recherchée
dans cette organisation: grande, belle, tonique, un peu musclée,
sportive, et surtout sûre d'elle même. En deuxième place,
une Polonaise, Dorota Szcieswa, remarquée par sa routine où
elle rentre en scène avec les ailes d'un ange, et dans laquelle
on serait presque prêt à croire qu'elle pourrait voler, grâce
à ses sauts acrobatiques. En troisième place, une Allemande,
Susanne Hasenberg, pas moins belle que les autres, mais dont la routine
impressionnait moins.
Musclemaniaques
en 2003
Louis
Zwick, fondateur de l'American Sports Network et de ces compétitions
Musclemania, Fitness Pageant, Miss Bikini…, s'est rendu à Stuttgart
pour cette journée. C'est quelqu'un qui ne se met pas en avant,
qui reste discret. C'est plutôt rare de voir un responsable du milieu
culturiste laisser travailler l'équipe mise en place, et dont le
principal souci est le confort et le plaisir des athlètes. Il nous
a fait part de son regret de ne pas voir d'athlètes français
à cette compétition. Pour ce qui est des athlètes
féminines, il reconnaît la qualité des Françaises,
toutes fédérations confondues, et souhaiterait qu'elles tentent
leur chance à la Fitness Europe Pageant ou à la Miss Bikini
Europe. Pour les hommes, il était encore plus dépité
de leur absence, estimant que les culturistes français ont un sens
de la ligne, de l'esthétique, du posing, que l'on trouve pas ailleurs.
Uli
Sandfort, l'organisateur de la compétition européenne, a
appuyé les propos de Louis Zwick, et invite les athlètes
français, hommes et femmes, à mieux connaître son organisation
en consultant le site www.muscles.de ou en lui envoyant un courriel à
info@bodyandsoul-web.de. Pour octobre 2003, il promet un événement
encore plus important: le Fitness and Muscle Europe (FAME), sur deux journées,
avec les épreuves féminines sur un jour et les masculines
sur l'autre, y comprises une nouvelle compétition fitness hommes
à Stuttgart, l'une des villes les plus francophiles d'Outre-Rhin. |