28 septembre 2002 - Musclemania Europe - "Hit the Rock" - Fitness Europe Pageant - Miss Bikini Europe - Stuttgart
A series of high-quality competitions from the Musclemania/Fitness America Pageant organization.
Musclemaniaques le jour!

Weekend musclé à Stuttgart fin septembre 2002, avec la Musclemania Europe et ses compétitions associées: Hit the Rock, Fitness Europe Pageant et Miss Bikini Europe. Ces compétitions d'origine californienne se distinguent nettement de tout ce que vous avez pu voir ailleurs. Abandonnant toute idée de sport fédéral (prétention de toute façon peu crédible ces jours-ci avec la multiplication des "fédérations") Musclemania est un pur produit télévisuel, et cette compétition dans la capitale wurtembourgoise n'ayant pas fait exception, avec une diffusion prévue sur la chaîne sportive allemande DSF. 

Pour les messieurs, cette orientation télévision implique que la ligne, la symétrie, le posing, l'élégance, sont privilégiés sur l'hypertrophie et l'hyperdéfinition. Ce sont des athlètes sains, beaux à voir, susceptibles d'attirer un large public. Au delà des contrôles antidopage prévus pour les athlètes classés (pas plus infaillibles ici qu'ailleurs), c'est l'action des juges qui assure ce respect d'un culturisme (plus) sain. Nous n'avons jamais vu autant d'attention portée sur le premier tour, les quatre faces, en termes de comparaisons, de temps y consacré, et un classement sérieux valant 1/3 du total. Ensuite, les poses imposées comptant pour un tiers, puis pour les finalistes un posing libre comptant lui aussi pour un tiers, où la recherche esthétique et le sens du spectacle sont encouragés.

Ces compétitions ont eu lieu d'abord aux Etats Unis, où une dizaine d'éditions régionales se déroulent maintenant chaque année; elles connaissent également une forte croissance ailleurs, notamment en Europe et en Asie. Jusqu'à cette année, cette compétition à Stuttgart s'intitulait Musclemania Germany, mais avec la multiplication des éditions dans divers pays européens, il semblait normal de passer à l'échelon supérieur et instaurer une compétition d'envergure continentale. C'est ainsi que si cette Musclemania Europe a réuni environ 50% d'athlètes allemands, ceux-ci étaient rejoints par des compétiteurs de la Suisse, de l'Italie, de la Croatie, de la Belgique, du Luxembourg (mais pas encore de la France…). 

En tout, ils était une cinquantaine d'athlètes venus de diverses fédérations à se retrouver pour le plaisir de concourir dans un cadre respectueux des athlètes et du public (excellente installation scénique, éclairage, salle d'échauffement, salle de repos avec lits de camp, fruits et boissons fournis, t-shirts offerts…). Après une pesée bien organisée (fiches individuelles à remplir, comprenant notamment des informations sur les métiers, idoles, professions, passions, etc. des compétiteurs, détails personnels qui allaient être annoncés lors de la présentation de chaque athlète au public), ces Musclemaniaques ont ouvert le jeu. 

Ce jour à Stuttgart, un seul junior était présent -- hélas, car c'est une catégorie pour laquelle les compétitions Musclemania jouissent d'une excellente réputation, et dont les compétiteurs bénéficient d'importants efforts de promotion de la part des organisateurs. La prestation de Michele Amicone était néanmoins exceptionnelle, tant par ses qualités d'athlète, très équilibré, d'une belle ligne mais avec un volume musculaire respectable, que par un posing qui a tellement plu au public que l'on lui a demandé de le répéter en soirée. (Pour info, il s'agissait d'une reconstitution de la fameuse pub Coca Light où les dames du bureau guettent l'arrivée du livreur de Coca; en effet, la durée du posing libre est longue, et l'emploi de tenues et d'accessoires est possible, l'important dans cette partie de la compétition étant le spectacle pour le public et les téléspectateurs.)

Les vétérans ne sont peut-être pas la catégorie la plus promue par les organisateurs. Ils n'étaient que six à s'affronter, avec une victoire pour Wolfgang Sperling, suivi de près de Luigi LaPica (comme tous les autres de la caté, un Allemand, malgré son nom) que nous aurions bien vu premier (l'écart de seulement 8 points entre ces athlètes montre que je n'étais pas le seul à penser ainsi), et de Peter Butze.

La catégorie premiers pas a réuni le plus grand nombre d'athlètes. En plus du principe (ici comme ailleurs invérifiable) qui veut que l'athlète premiers pas n'ait jamais concouru auparavant, Musclemania impose un critère important: le rapport poids-taille ne peut être supérieur à 1 (nombre de kilos de poids inférieur au nombre de centimètres de taille moins 100). Ceci donne des physiques nettement moins lourds que nous avons l'habitude de voir dans une grande compétition, mais permet à de jeunes athlètes un accès à une grande compétition internationale. Le vainqueur, Johannes Taït, un jeune Autrichien, a impressionné par sa définition hors pair. Derrière lui un athlète plus "conventionnel", Sven Essich, et Darko Barisic, un bel athlète qui sera imbattable avec un peu plus de volume.

En open, les messieurs ont concouru en quatre catégories de poids. La première, les –75kg, permettait une entrée en matière passionnante, avec une victoire du Suisse Mario Villena, suivi d'un Allemand, Michael Gallo, ainsi que d'un deuxième Suisse, Dave Mueller. Tous les trois étaient d'excellent niveau, avec de très belles lignes et des posings agréables à voir; ce sera la maturité de Villena qui fera la différence. 

En toute compétition, les messieurs –85kg sont souvent les plus nombreux et les plus équilibrés, et cette Musclemania n'a pas fait exception. N'importe lequel des six finalistes ferait honneur à n'importe quel podium. Ce jour la première marche était réservée à un deuxième Suisse, Beat Schlegel, plus défini que le superbe athlète qui termine deuxième, Murat Tombul, et plus musclé que le troisième, Holger Kunath, qui nous a gratifié d'un des plus beaux posings de la journée, avec rien de moins que la reconstitution de la Création de l'univers, avec l'athlète allemand dans le rôle de Dieu! Remarquons la quatrième place de Filip DeBrauwer, plusieurs fois champion naturel belge. 

Les –95kg était la catégorie la moins allemande, avec seulement deux athlètes, qui termineront deuxième (Daniel Ivkovic) et troisième (Marco Wedekind) derrière encore un Suisse, Wendy Wyss. C'était aussi la catégorie où les résultats étaient les plus serrés: neuf points d'écart entre le premier et le quatrième! En revanche, les +95kg étaient exclusivement allemands (c'est une catégorie où l'on voit souvent de gros gabarits allemands), et ont fourni celui qui allait remporter les toutes catégories, à savoir Guido Backsmann, de loin le plus grand et le plus lourd des athlètes présents ce jour en Musclemania. Démonstration que Musclemania n'est pas contre le muscle, mais prône une recherche d'équilibre et d'esthétique, des qualités que Guido réunit malgré sa masse imposante. Derrière ce nouveau champion, qui sera récompensé par une place à la Musclemania World, des athlètes d'excellent niveau: Markus Rohde et Fadi Issa.

Musclemaniaques la nuit!

L'organisation Musclemania n'oublie pas les femmes. Au contraire, il lui réserve une part peut être majoritaire de ses diffusions télévisées, et en fait le point fort des journées compétitives, prévoyant les catégories féminines pour la soirée. Ici à Stuttgart, les passages des femmes étaient entrecoupés d'une compétition masculine, la "Hit the Rock", réservée à des athlètes titrés de toute fédération, ainsi que du vainqueur de la Musclemania plus tôt dans la journée. Le vainqueur attendu était au rendez-vous: il s'agit du multichampion Florian Maier, qui a écrasé sa néanmoins méritante compétition. Les deux suivants, Andreas Bosse et le Cubain José Chappotin, n'étaient séparés que par un point, et même si Florian paraissait par sa condition, sa muscularité, et son posing destiné à gagner, on aurait pu voir n'importe lequel des trois premiers remporter la première place sans en être choqué. Guido Backsmann, qualifié par sa victoire en toutes catégories plus tôt dans la journée, a réussi néanmoins à prendre la première place, poussant des champions confirmés comme Tamer Galal et Ivan Pavan un rang de plus vers le bas. Pour sa victoire, Florian Maier remporte ainsi un prix de 1000 dollars (le 2ème recevant 600 USD et le 3ème 300 USD) . 

Pour ce qui est des femmes, coupant court à la régression progressive du muscle féminin que nous voyons dans nos fédérations françaises, avec multiplication de catégories où le muscle est de plus en plus honni, l'organisation Musclemania a instauré deux types de compétitions féminines, qui tous les deux s'éloignent volontairement du culturisme. L'une, c'est la Fitness Pageant (ici Fitness Europe Pageant), compétition divisée en trois tours. Au premier, comptant pour 40% du total, une routine fitness, d'orientation gymnastique, acrobatique, aérobic, danse, etc. Au deuxième, comptant lui aussi pour 40%, une présentation en maillot, la tonicité et la ligne étant privilégiée sur la muscularité. Enfin, un entretien comptant pour 20%.  Encore plus loin du culturisme, la Miss Bikini, sorte de concours de beauté à orientation sportive. Aucune routine de fitness ici, mais un tour en tenue de sport (40%), un tour en bikini (40%), et un entretien en direct (20%).

Une quinzaine d'athlètes féminines se sont retrouvées pour ces deux compétitions. La Miss Bikini Europe était une affaire purement allemande, avec la victoire allait avec toute logique à une championne de la NABBA allemande, Andrea Santangelo, qui demeure un exemple de la femme tonique et belle. Nous regrettons que cette compétition exclue des routines fitness ou des posings culturistes, car Andrea est une athlète de tout premier niveau, et l'on peut se demander si brider les possibilités pour des athlètes comme ça pour en faire de simples mannequins, certes sportives, soit un choix pertinent. Derrière Andrea, Susie Schirm, une (très) grande blonde, moins musclée qu'Andrea. C'est la dynamique Angela Gutierez qui prendra la troisième place du podium, grâce en grande partie à son punch et vivacité.

A la compétition Fitness Europe Pageant, les compétitrices étaient plus mixtes quant à leur nationalité, avec des athlètes de la Lithuanie, la Pologne, la Suisse et les Pays Bas, en plus des Allemandes attendues. C'est encore une Suisse (quatre des vainqueurs des diverses compétitions de la journée seront suisses!) qui le remporte, à savoir Karin Marty. Karin est un exemple de l'allure recherchée dans cette organisation: grande, belle, tonique, un peu musclée, sportive, et surtout sûre d'elle même. En deuxième place, une Polonaise, Dorota Szcieswa, remarquée par sa routine où elle rentre en scène avec les ailes d'un ange, et dans laquelle on serait presque prêt à croire qu'elle pourrait voler, grâce à ses sauts acrobatiques. En troisième place, une Allemande, Susanne Hasenberg, pas moins belle que les autres, mais dont la routine  impressionnait moins. 

Musclemaniaques en 2003

Louis Zwick, fondateur de l'American Sports Network et de ces compétitions Musclemania, Fitness Pageant, Miss Bikini…, s'est rendu à Stuttgart pour cette journée. C'est quelqu'un qui ne se met pas en avant, qui reste discret. C'est plutôt rare de voir un responsable du milieu culturiste laisser travailler l'équipe mise en place, et dont le principal souci est le confort et le plaisir des athlètes. Il nous a fait part de son regret de ne pas voir d'athlètes français à cette compétition. Pour ce qui est des athlètes féminines, il reconnaît la qualité des Françaises, toutes fédérations confondues, et souhaiterait qu'elles tentent leur chance à la Fitness Europe Pageant ou à la Miss Bikini Europe. Pour les hommes, il était encore plus dépité de leur absence, estimant que les culturistes français ont un sens de la ligne, de l'esthétique, du posing, que l'on trouve pas ailleurs. 

Uli Sandfort, l'organisateur de la compétition européenne, a appuyé les propos de Louis Zwick, et invite les athlètes français, hommes et femmes, à mieux connaître son organisation en consultant le site www.muscles.de ou en lui envoyant un courriel à info@bodyandsoul-web.de. Pour octobre 2003, il promet un événement encore plus important: le Fitness and Muscle Europe (FAME), sur deux journées, avec les épreuves féminines sur un jour et les masculines sur l'autre, y comprises une nouvelle compétition fitness hommes à Stuttgart, l'une des villes les plus francophiles d'Outre-Rhin. 

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