| 6 novembre 1999 - Mr/Ms Monde ACF - Auxerre |
| A
small international competition with a half-dozen European and African countries
participating. See my coverage in Bodyfitness.
Une petite compétition internationale avec la participation d'une demi-douzaine de délégations de l'Europe de de l'Afrique. Voir mon reportage dans Bodyfitness. |
|
Michel GAUTHIER est ambitieux. Et il a le talent de réaliser, pour l’essentiel, ses ambitions. C’est ainsi qu’il a organisé le 6 novembre 1999 un open international qu’il a baptisé, sans doute d’une manière quelque peu excessive, Mr et Miss Monde. « Monde » c’est beaucoup dire, en effet, car seulement quatre pays avaient envoyé une délégation conséquente (France, Slovénie, et surtout Italie et le Royaume Uni). Les autres pays (Maroc, Algérie, Belgique, Pays Bas, Cameroun) étaient représentés par un ou deux compétiteurs. Il est vrai que nous avons vu pire en matière de Championnats du Monde, d’Europe, etc. avec bien moins de pays participants. Par ailleurs, les compétiteurs présents à Auxerre avaient le mérite notable d’être réellement originaires et résidents des pays qu’ils étaient censés représenter. Les conditions de la compétition n’étaient pas parfaites, et ne correspondaient pas tout à fait aux ambitions de l’ACF, critique pourrait s’appliquer à presque toutes les compétitions internationales organisées en France. La salle Vaulabelle, la salle des fêtes d’Auxerre était convenable, avec une scène ad hoc satisfaisante et une grande salle de vestiaire. Manquaient comme souvent douches, salle d’échauffement équipée, gradins, etc. En revanche, le talent de promoteur de Michel GAUTHIER s’est manifesté par un affichage très complet dans la ville, et par une collaboration étroite avec la municipalité. C’est ainsi que l’on pouvait voir des banderoles annonçant la compétition sur toutes les portes du magnifique centre médiéval d’Auxerre. Cet effort de promotion semblait avoir été de nul effet lors du préjudging du matin. En effet, malgré un nombre d’athlètes convaincant (une grosse trentaine), la salle restait désespérément vide. Il est vrai qu’il s’agissait de la journée de la finale de la coupe du monde du rugby, et que la France entière (ou presque) était rivée à son poste de radio ou de télé. De toute façon, ces inquiétudes seront balayées le soir, lors du show, avec une salle presque comble et un public enthousiaste. Peu de femmes ont participé à cette compétition, et aucun junior. Les histoires de dopage, les querelles d’organisation, l’égoïsme de nombreux dirigeant sportifs, le désir de ceux-ci de promouvoir davantage leurs propres carrières plutôt que notre sport, ne s’agit-il pas de quelques unes des raisons qui explique le dépérissement du culturisme ? Plus particulièrement, l’on constate que la multiplication des catégories féminines semble avoir eu l’effet contraire à celui souhaité. Ceci semble logique. Le culturisme étant un sport ou volume et définition musculaires sont les critères de base, les nier en créant de nouvelles catégories de culturistes « light », avec classes fitness, body fitness, figure, et autres miss, dénigre la pratique culturiste réelle, celle du volume et de la définition musculaires. Avant de penser à plaire au grand public, ne faut-il pas d’abord satisfaire les premières concernées, les culturistes féminines elles-mêmes ? C’est ainsi que nous avons vu à Auxerre seulement quatre compétitrices en fitness et une en physique. Parmi les premières, la première place est allé à la Britannique Amanda KAY. C’est justement un exemple d’une athlète qui avait toutes les qualités d’une excellente culturiste : volume, définition, symétrie, etc. Sa présence dans une catégorie « body fitness » est preuve de l’incohérence de cette multiplication de catégories. Derrière la Britannique, c’est une Française, Aude DARIVON, qui remporte la deuxième place, suivie de la Slovène Martina VIDALI PRASNIKAR et la sœur d’Aude, Annie DARIVON. Ces sœurs ont fait preuve dans seulement quelques mois d’une évolution fulgurante. Nous reconnaissons que nous avons été peu convaincu par les prestation d’Aude et d’Annie lors de leurs premières compétitions. Mais de compétition en compétition, elles progressent, pour devenir des athlètes que l’on ne peut ignorer, et encore moins mépriser, dotées d’un volume musculaire certain, allié à une prestation scénique du plus haut niveau. Pour ce qui est de la compétitrice en catégorie physique, nous regrettons vivement qu’elle ait été seule. En effet, la Slovène Eva POGACNIK est l’une des plus belles culturistes – homme ou femme -- que nous avons vu depuis longtemps. Sa qualité musculaire, sa symétrie, son volume et définition musculaires, étaient sans reproche, et sa grâce sur scène et sa beauté étaient comme destinées pour donner la réplique à ceux qui maintiennent une opposition entre « féminité » (mais quelle féminité, celle décidée par des femmes athlètes ou celle imposée par une bande de vieux messieurs ?) et culturisme. Les deux Slovènes seront les seules à concourir en couples, avec leurs compatriotes, Matjaz OZIM pour Martina, et Dusko MADZAROVIC pour Eva. Ce sont ces derniers qui l’ont facilement remporté devant leurs compatriotes, handicapés par un certain air d’improvisation, qui contrastait mal au savoir faire et à la qualité purement culturiste d’Eva et Dusko. Nous avons déjà signalé l’absence de juniors. En revanche, les deux catégories de vétérans étaient bien remplies, signe d’un sport capable de maintenir l’intérêt et l’ambition de ceux qui y prennent goût, mais incapable d’attirer de nouvelles recrues. En +40 ans, les compétiteurs étaient au nombre de huit, et les premiers auraient pu sans difficulté rafler une place sur le podium de leur catégorie de poids en seniors. Signalons le sens de fair-play de ce vainqueurs qui n’ont pas profité de cette possibilité, laissant libre cours à leurs camarades plus jeunes. Le vainqueur, le Français Patrick GEROLA a remporté la première place devant l’Italien Antonio VERGIANI. Ce classement pouvait surprendre, et il faut croire que les juges ont privilégié la définition du Français devant le volume et la symétrie de l’Italien. Il s’agit peut être d’un des inconvénients d’une organisation internationale qui n’existe pas vraiment encore, avec des critères de jugement peu coordonnés. Derrière ces athlètes tous deux méritants, un autre Français, Aristide URBINO, suivi du Britannique John FONTANA, les Français Ignace MERLO et Klébert PELMAR, et les Italiens Enrico LEVANTINO et Giusseppe ALESSI. La catégorie +50 ans était moins fournie, avec une victoire italienne pour Ascanio VERNATI, suivi du Belge Robert HENDRIKX, l’Italien Eugénio CAPASSO, et le Britannique Harry GRIFFITHS, de loin le doyen de la compétition à plus de 70 ans d’âge. Les hommes seniors ont concouru en trois catégories de taille. Chez les petite taille, seulement quatre athlètes, avec une victoire sans appel pour le Slovène Matjaz OZIM, suivi par Abdou Ali ISSAOUI, seul Marocain de la compétition, par Giuseppe ALESSI, et par Luc AMOUGOU ONDOA, l’un des deux Camerounais présents dans la compétition. Ces deux athlètes avaient le plus grand mal à passer par les cerbères de la police des frontières, toujours soucieux d’offrir un accueil « chaleureux » aux invités (certains au moins) de la France. Comme c’est presque toujours le cas, c’est la catégorie intermédiaire, ici les taille moyenne, qui a rassemblé les athlètes les plus beaux et les plus nombreux. C’est justement le vainqueur de la catégorie, l’Italien Sergio DE ALESSANDRIS, qui en fin de soirée sera désigné vainqueur toutes catégories. Sergio, avec un volume des plus imposants, et du haut et du bas du corps, allié à une qualité musculaire et une symétrie superbes, a été suivi par son compatriote Pietro FERRAZANO, doté d’un rapport épaules-taille des plus impressionants, suivi lui par le Néerlandais Mondher BENNOUR, par le Français Philippe FOUSSARD, un peu trop gras pour pouvoir réclamer un classement plus élevé, par le Britannique Shaun DYKES, par Djilali MEDJHADI, seul Algérien de la compétition, et enfin par le vétéran John FONTANA. La dernière catégorie masculine était bien entendu les grande taille. Ici, c’est l’autre compétiteur masculin slovène de la compétition, Dusko MADZAROVIC, de loin l’athlète le plus imposant de la compétition, qui le remporte devant cinq autres athlètes. Sa grande taille et son imposante masse musculaire sont bien servies par une grande qualité musculaire, surtout du haut du corps, par une bonne définition, et une ligne élégante. Derrière le Slovène, se classent l’Italien Fausto CARLONE, le Néerlandais Arjen TEN BERGE, très sec, mais manquant de volume, surtout aux jambes, le Britannique Kevin ALDER, qui méritait sans doute un classement meilleur, le deuxième Camerounais de la compétition, Justin NTSAMA DBONO, et par le vétéran Enrico LEVANTINO. Même si l’intitulé de « Mr Monde » était quelque peu démesuré, l’on pouvait constatait l’intérêt évident d’une telle rencontre internationale. En plus, il s’agissait d’une compétition sympathique, malgré quelques couacs, et mieux organisée que la plupart des maniestations récentes. Comme nous l’avons dit, Michel GAUTHIER est ambitieux : Michel GAUTHIER a du talent. Un seul regret : que cette ambition et ce talent ne soient pas exploités dans une grande fédération française unifiée. |
| Use
the menu on the left to choose a category. Photos load in a new window.
You may have to reload several times. Utiliser le menu à gauche pour choisir une catégorie. Les photos s'ouvrent dans une nouvelle fenêtre. Il faudrait peut-être le recharge plusieurs fois. |